Il y a des pièces où poser un luminaire relève du réflexe, et d’autres où la première chose à faire est de s’asseoir et de regarder le vide.
Le salon d’Adrien, dans le Pilat au sud de Saint-Étienne, appartient à la seconde catégorie. Une maison des années 80, entièrement reprise, dont la pièce de vie a été rouverte sous la charpente : quatre mètres sous plafond, des poutres apparentes, une baie vitrée qui donne sur les collines. Un volume magnifique. Et un volume qui avale les luminaires.

Le vrai problème n’était pas la largeur, c’était l’épaisseur
Mon premier réflexe a été d’ouvrir mon catalogue. J’y ai des grandes pièces : ma suspension Gaston Le Chardon monte jusqu’à 1400 mm de diamètre, Olivia La Gardiena jusqu’à 1300 mm, Arthus Le Lotus jusqu’à 1100 mm. Sur le papier, largement de quoi tenir la pièce.
Sauf qu’une suspension de 1400 mm de diamètre ne fait que 240 mm d’épaisseur. Et ce n’est pas un accident : passé 700 mm de largeur, toutes mes suspensions tiennent entre 8 et 24 cm d’épaisseur. Ce sont des pièces dessinées pour être vues de dessous, dans une pièce à hauteur normale, où elles déploient une grande surface juste au-dessus des têtes. Accrochez-en une sous quatre mètres, et vue depuis le canapé elle devient une ligne. Elle se lit de profil, et de profil, elle n’existe plus.

Ce dont ce salon avait besoin, ce n’était pas d’une surface. C’était d’un objet. Quelque chose qui occupe l’air entre la charpente et le sol, et qui garde un volume quel que soit l’angle depuis lequel on le regarde.
Or la plus haute de mes suspensions en bois, tous diamètres confondus, s’arrête à 400 mm. Et il ne s’agit pas d’une grande pièce : ce sont mes petits modèles, entre 250 et 300 mm de diamètre. Il fallait le double de hauteur, sur quatre fois le diamètre.
Comment je dimensionne une suspension
Ma règle est simple, et je la donne à tous ceux qui m’écrivent : le diamètre tourne autour de 20 % de la longueur depuis laquelle on regardera le plus souvent le luminaire.
Dans un salon classique de 3,90 m sur 3,50 m, on prend la moyenne des deux dimensions, soit 3,70 m, et 20 % donnent environ 74 cm. On part sur une version 70 cm. Au-dessus d’une table, ce n’est plus la pièce qui commande mais la largeur de la table.

Cette règle donne le diamètre. Elle ne dit rien de la hauteur, parce que la plupart du temps la hauteur ne se pose pas : sous 2,50 m de plafond, personne ne veut d’une suspension de 80 cm de haut, elle mangerait la pièce.
Sous quatre mètres, la question s’inverse. C’est la hauteur qui devient la variable, et le catalogue n’a pas de réponse. D’où le dessin d’un modèle spécifique.
Trois pièces, trois rôles
Nous sommes partis sur trois suspensions de la même famille, en peuplier brut poncé, alignées sous la charpente.

Au centre, la grande : 1000 mm de diamètre pour 800 mm de haut. C’est elle qui tient la pièce. Des lamelles courbes qui s’enroulent les unes derrière les autres, presque une sphère. Depuis le sol, on voit le mouvement. Depuis le fond du salon, on voit encore une masse.
De chaque côté, deux plus petites : 500 mm de diamètre pour 800 mm de haut. Le même dessin, resserré. Plus hautes que larges, elles prennent une allure d’ogive qui répond à la pente du toit au lieu de la contredire. Ce rapport, je sais le faire en petit, sur des pièces de 200 à 300 mm. À 500 mm de diamètre, jamais.

L’une éclaire la cuisine. L’autre attend encore son canapé et sa table basse, mais sa place était déjà décidée : on n’accroche pas un luminaire après avoir installé les meubles, on installe les meubles là où la lumière tombe.

Le trio se lit comme une phrase, pas comme trois objets posés au hasard sous une charpente. Si vous cherchez le même effet à votre échelle, ma sélection pour un salon est un bon point de départ.
Pourquoi le peuplier brut, simplement poncé
Le peuplier est un bois blond, au grain fin et presque uniforme, très clair. Sous un plafond blanc et des poutres en résineux, il se pose sans faire de bruit.
C’est aussi et surtout un bois léger, ce qui n’est pas un détail à quatre mètres de haut, où chaque kilo se traduit en contrainte sur la fixation et en angoisse au moment de l’accroche.

Je le découpe au laser CO2 dans mon atelier lyonnais. Le laser laisse les chants brûlés, d’un brun sombre presque noir, qui dessinent un liseré fin sur chaque lamelle. Beaucoup de gens croient que c’est une finition ajoutée. C’est la trace de la découpe elle-même, et je ne la cache pas : c’est la signature de la fabrication. Pas de teinte, pas de vernis, juste un ponçage.

Un artisan de Lyon sur un chantier de la Loire
Mon atelier est à Lyon, à environ une heure de route du Pilat. Sur un projet sur mesure, cette proximité change tout, et c’est une des raisons pour lesquelles je travaille volontiers sur Saint-Étienne, la Loire et le Pilat.
Un luminaire sur mesure n’est pas un colis. Il se dessine à partir d’une pièce réelle, avec ses contraintes réelles : la hauteur sous plafond, la position des poutres, l’endroit exact où passe le point lumineux, et souvent le fait que la pièce n’est pas tout à fait finie au moment où l’on décide. Le jour où j’ai accroché ces trois-là, la cuisine était encore sous bâche.

Ces trois suspensions, je les ai posées moi-même. Ce n’est pas un supplément de confort : c’est ce qui fait la différence entre une pièce qui tombe juste et une pièce qui tombe à peu près.
Ce modèle va entrer au catalogue
C’est souvent comme ça que naissent mes nouveaux modèles. Une contrainte que le catalogue ne sait pas traiter, un client qui accepte de défricher, un dessin qui finit par tenir debout.
Les trois luminaires du Pilat vont rejoindre mes créations. Si vous avez une pièce sous charpente, une cage d’escalier, une mezzanine ou un plafond cathédrale, c’est de ce côté-là qu’il faudra regarder. Pour des volumes plus ordinaires, mes conseils sur la suspension de chambre et mes autres conseils répondront sans doute à votre question.
Et si votre volume ne ressemble à rien de ce que vous trouvez ailleurs, c’est plutôt bon signe. Écrivez-moi, ou lancez votre projet sur mesure.
Sous une grande hauteur, le diamètre ne suffit pas à raisonner : c’est le volume qui compte. Une suspension large mais plate se lit de profil et disparaît. Comptez une hauteur d’au moins 60 à 80 cm pour qu’elle garde une présence depuis le sol. Pour le diamètre, ma règle est d’environ 20 % de la longueur depuis laquelle vous verrez le plus souvent le luminaire.
Oui. Mon atelier est à Lyon, à environ une heure de route de Saint-Étienne et du Pilat. Sur les projets sur mesure de la Loire, je peux me déplacer et poser les pièces moi-même.
Cela dépend du diamètre, de la hauteur et du nombre de pièces : ce qui fait le prix, c’est la quantité de bois et le temps de découpe. Décrivez-moi votre pièce et je vous fais une proposition chiffrée.
Le peuplier, pour son poids. À quatre mètres, la légèreté conditionne la fixation. C’est un bois blond et discret, au grain fin, qui se marie bien avec une charpente apparente.
Avant, si vous le pouvez. Un point lumineux se déplace difficilement une fois le plafond refait, alors qu’un canapé se déplace en cinq minutes. Sur ce chantier, l’une des trois suspensions a été posée au-dessus d’un coin salon dont les meubles n’étaient pas encore arrivés.
Il n’y a pas de règle de nombre, il y a une règle de rythme. Sur une pièce ouverte qui enchaîne cuisine, table et salon, trois points lumineux alignés donnent une lecture continue, à condition qu’ils appartiennent à la même famille et que leurs tailles se répondent.